Air Sénégal SA dit « Non merci » à Royal Air Maroc

Alors que RAM a affiché son ambition de s’adjuger 51% de Air Sénégal SA, la compagnie créée ex-nihilo, le Sénégal a joué le repli en forçant le trait sur la préférence nationale. Un avant-goût de ce qui attend les ambitions marocaines en Afrique de l’Ouest, une région considérée naïvement comme acquise. 

«Il n’est absolument pas question de laisser entrer un investisseur qui prendrait 51% de l’entreprise» sénégalaise, a expliqué le directeur général d’Air Sénégal SA, Philippe Bohn, motivant la raison principale de l’échec des négociations. « J’appelle de mes vœux le privé national », a déclaré Bohn qui semble préférer plutôt les investissements nationaux.

Les 100% du capital sont détenus par la caisse de dépôts et de consignations, apprend-t-on. «La clé de la réussite d’une aventure industrielle comme celle-ci, c’est la solidité de l’engagement du gouvernement», affirme le directeur général d’Air Sénégal.

Bohn fait savoir qu’il reste 17 milliards à mobiliser. « On ouvre les fonds, mais en conservant notre autonomie stratégique. Il n’est absolument pas question de laisser entrer un investisseur qui prendrait 51% de l’entreprise », a-t-il martelé.

Selon des informations émanant de Dakar, la capitale sénégalaise, la nouvelle compagnie aérienne Air Sénégal SA opèrera son premier vol commercial, le 4 avril prochain qui coïncide avec le jour anniversaire de la fête de l’indépendance du Sénégal.

Pendant ce temps à Rabat, les autorités marocaines envisagent un deuxième contrat-programme afin de permettre à Royal Air Maroc (RAM) d’accompagner les fluctuations majeures que connait le secteur, notamment avec l’apparition des compagnies aériennes Low Cost.

Cet «échec» de RAM représente un crash test pour l’offensive des entreprises marocaines sur l’Afrique, qui doivent se décider de faire les réglages nécessaires et décider soit d’être partenaires ou maîtres du jeu au risque de subir des revers.