M. Bourita souligne à Bruxelles l’action inlassable du Maroc pour une solution juste et durable du conflit israélo-palestinien

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, M. Nasser Bourita, a souligné, mercredi à Bruxelles, l’action inlassable du Maroc pour la recherche d’une solution juste, globale et durable du conflit israélo-palestinien dans le cadre de la légalité internationale et de la mise en œuvre des résolutions pertinentes des Nations Unies. 

Intervenant lors de la réunion ministérielle extraordinaire du groupe de coordination pour le peuple palestinien (Comité de liaison ad hoc), qui s’est tenue à Bruxelles, M. Bourita a, à cet effet, mis en relief l’action soutenue de l’Agence Bayt Mal Al Qods, organe relevant du comité d’Al Qods, issu de l’Organisation de la coopération Islamique et présidé par SM le Roi Mohammed VI, au profit de la population de la ville sainte. Le ministre a insisté sur l’importance et la pertinence de cette rencontre internationale qui ‘’nous permet aujourd’hui de discuter ensemble, de la situation actuelle au Moyen Orient, dans un climat franc, serein et responsable, surtout étant donnée la conjoncture régionale et internationale que nous connaissons’’.

Il a à ce propos souligné la préoccupation ‘’somme toute logique’’ qu’a suscitée à l’échelle internationale la décision des États-Unis de reconnaitre Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y transférer leur ambassade, notant ‘’l’extrême importance que revêt la ville d’Al-Qods non seulement pour les parties au conflit, mais également pour les fidèles des trois religions célestes’’. ‘’D’où cette inquiétude, partagée bien sûr, quant aux conséquences négatives que pourrait avoir cette décision sur la paix et la stabilité dans une région déjà minée de crises profondes’’, a-t-il fait savoir.

Pour M. Bourita, la communauté internationale demeure convaincue que toute initiative unilatérale portant atteinte au statut juridique et historique reconnu d’Al Qods, risque de renvoyer la question dans l’imbroglio des conflits religieux et confessionnels, et de porter préjudice aux efforts internationaux visant à créer les conditions propices à la relance des pourparlers de paix. Elle risque également, a-t-il poursuivi, d’attiser la tension, d’hypothéquer les chances de paix et d’accentuer la violence et l’extrémisme, d’où la nécessité d’initier une approche claire, juste et globale pour remédier à cette situation critique.

‘’Conscient de ces dangers, le Maroc, membre du comité d’initiative de paix arabe, ne cesse de plaider en faveur du dialogue et de la modération, pour désamorcer la situation et permettre aux peuples de la région d’entrevoir l’espoir d’une paix future. Il ne cesse de réaffirmer son attachement aux efforts de la communauté internationale pour la recherche d’une solution juste, globale et durable du conflit israélo-palestinien dans le cadre de la légalité internationale et de la mise en œuvre des résolutions pertinentes des Nations Unies’’, a-t-il souligné.

‘’Puisons davantage dans notre engagement permanent pour la paix, pour chercher ensemble les voies et moyens susceptibles de dépasser l’impasse actuelle et favoriser la relance effective des négociations de paix sur des bases saines, en vue d’aboutir à une paix juste et globale, qui garantirait les droits légitimes et la sécurité des pays de la région’’, a dit le ministre. Il a ajouté que les efforts de la communauté internationale ‘’doivent être concentrés sur la nécessité de faire sortir la région de la logique de confrontation et de défi, en la menant vers une logique de dialogue et de coopération’’.

‘’La communauté internationale est appelée à renouveler son attachement à cette option de paix, qui ne peut être atteinte qu’à travers un règlement juste de la question palestinienne, conformément au principe de la solution à deux États’’, a-t-il plaidé. Cela implique, selon lui, l’établissement d’un état palestinien indépendant et viable avec pour capitale Jérusalem-Est ; vivant côte à côte avec Israël, dans la paix et la sécurité. Il a affirmé dans cet ordre d’idée, que le Maroc estime que le soutien à l’Autorité Nationale Palestinienne et à son Président Mahmoud Abbas demeure indispensable. ‘’Notre soutien va aussi aux efforts de réconciliation inter-palestinienne, menés par l’Égypte et traduits par l’accord du Caire (oct. 2017), et la nécessité de surmonter les dissensions internes pour dépasser le clivage Gaza/Ramallah’’, a-t-il ajouté.

M. Bourita a estimé que toute initiative à dimension économique visant l’appui des efforts de développement dans la région, notamment dans les territoires palestiniens, demeure essentielle, nécessaire et fort louable. Il a toutefois affirmé que ‘’réduire les aspirations légitimes du peuple palestinien à la liberté et à l’indépendance, à une simple équation à caractère économique ne saurait être la voie la plus adéquate pour atteindre cette paix tant recherchée dans la région’’.

D’après lui, une approche inclusive et participative, s’appuyant sur les dimensions politiques et économiques, serait plus indiquée pour encourager les deux parties à reprendre le processus de paix et aller de l’avant vers une solution au conflit palestino-israélien, à même de concrétiser la vision de la communauté internationale sur une solution à deux États.

Le ministre a rappelé à ce propos ‘’l’action soutenue de l’Agence Bayt Mal Al Qods, organe relevant du comité d’Al Qods, issu de l’Organisation de la coopération Islamique et présidé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, au profit de la population d’Al Qods’’, précisant que l’Agence a en effet réalisé d’importants projets dans différents secteurs socioéconomiques dans la ville sainte durant la période allant de 2006 à 2017, avec un coût global de l’ordre de 38 Millions de Dollars américains. Dans ce sens, a assuré M. Bourita, l’engagement du Maroc en faveur de la population de la ville sainte et de la préservation du caractère universel de cette ville symbole de la coexistence des cultures et des religions, demeure constant et sans failles.

M. Bourita a enfin réaffirmé la détermination du Maroc à œuvrer pour l’instauration d’une paix juste et globale dans la région du Moyen Orient.  Début janvier, la Norvège et la Commission européenne avaient décidé de tenir cette réunion extraordinaire en présence de toutes les parties afin de débattre de mesures destinées à accélérer les efforts susceptibles de contribuer à une solution négociée fondée sur la coexistence de deux États et pour permettre à l’Autorité Palestinienne d’exercer le plein contrôle de Gaza, sur la base de l’accord du Caire du 12 octobre 2017.

Le Maroc y participe pour la première fois. Dans une déclaration à la MAP, M. Bourita a souligné que « l’invitation du Royaume à cette réunion est une reconnaissance du rôle que joue SM le Roi Mohammed VI en tant que Président du Comité Al Qods ». La participation du Maroc est également « un témoignage de l’action que mène le Royaume pour l’instauration de la paix au Moyen Orient et pour la relance du processus de paix dans la région », a ajouté le ministre.