Recettes fiscales records en 2017

Le cercle vertueux se poursuit pour les finances publiques qui voient leur déséquilibre baisser d’année en année. Ce qui les éloigne davantage de la zone de danger dans laquelle elles s’étaient retrouvées, notamment en 2012 où le déficit budgétaire avait connu un niveau abyssal, dépassant 7% du PIB. En effet, ce déficit a été ramené à 37,6 milliards de DH seulement en 2017, contre 42,3 milliards à fin décembre 2016, en baisse de 4,7 milliards, selon la situation «provisoire» des charges et ressources du Trésor arrêtée à fin décembre dernier par la Trésorerie générale du Royaume (TGR). Et ce, rappelons-le, après un déficit du Trésor de 46,2 milliards en 2015.
À noter, toutefois, que ce repli est favorisé par la rentrée de 9,5 milliards au titre des dons des pays du Conseil de Coopération du Golfe contre 7,2 milliards en 2016.

Ces chiffres étayent, par ailleurs, ceux avancés vendredi dernier par le ministre de l’Économie et des finances, Mohamed Boussaïd, selon lesquels, le déficit budgétaire ne serait plus que de 3,5% du PIB en 2017, après 4,1% en 2016. Un résultat dû «à une maitrise des dépenses courantes et une meilleure mobilisation des recettes et ce, en dépit de la poursuite de l’accélération de l’investissement», a-t-il expliqué. Autre indicateur qui renseigne sur la poursuite du redressement progressif des finances publiques en 2017 : l’amélioration du solde ordinaire, qui est l’épargne de l’État. Ce solde a, en effet, plus que doublé entre 2016 et 2017, devenant positif de 15,8 milliards à fin décembre dernier, contre un solde positif de 7,2 milliards un an auparavant.
Cette embellie des Finances de l’État est à mettre notamment à l’actif d’un bon comportement des recettes ordinaires qui ont crû de 5,6% à 222,7 milliards, au moment où les dépenses ordinaires émises ont crû de seulement 1,6% à 206,89 milliards à fin 2017. Une hausse due essentiellement aux impôts directs (8,1%), aux impôts indirects (6,7%) et, dans une moindre mesure, aux recettes non fiscales (1,5%). Globalement, les recettes fiscales se sont chiffrées à 200,5 milliards, en progression de 6,1%, avec une croissance des recettes douanières de 4,3% à 60,3 milliards et de la fiscalité domestique de 6,9% à 128,6 milliards. Celle-ci a été marquée notamment par une bonne tenue de l’impôt sur les sociétés, dont les recettes ont atteint 50 milliards, en augmentation de 16,3%, due «en grande partie» au «bon comportement des résultats du secteur financier, des sociétés pétrolières, de l’agence nationale de la conservation foncière, des cimenteries, des sucriers et des sociétés de télécommunications», explique la TGR.

Les recettes de l’impôt sur le revenu ont, quant à elles, évolué à un rythme lent (0,7% à 39,3 milliards), au moment où les recettes générées par la TVA à l’intérieur ont progressé de 8,1% à 20,9 milliards. Par contre, les recettes provenant des droits d’enregistrement et du timbre ont reculé de 1%, s’élevant à 15,7 milliards.
Pour ce qui est des dépenses, les chiffres de la TGR montrent une maitrise des charges du personnel, avec un repli de 0,2% des salaires qui se sont établis à 104,6 milliards et de 0,1% des charges en intérêts de la dette qui ont été de 26,72 milliards.
En revanche, les émissions de dépenses au titre de la compensation sont reparties à la hausse en 2017, affichant une progression de 17,3%, avec 14 milliards. En ce qui concerne les dépenses d’investissement émises au titre du budget général, elles ont atteint 67 milliards, en hausse de 8,6%.