Ecole: le constat alarmant du Conseil supérieur de l’Enseignement

Le conseil supérieur de l’Education, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) vient de rendre sa copie relative au modèle alternatif demandé par le souverain, lors de son discours marquant l’ouverture de cette année législative. Le constat est alarmant.

Plutôt que de jouer son rôle d’«ascenseur social», l’école marocaine continue de reproduire les inégalités. Ainsi, l’école semble inapte à sortir de la précarité les enfants issus des catégories sociales les plus pauvres, relève le Conseil supérieur de l’Education, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS), dans son rapport rendu public à l’issue de sa dernière assemblée générale.

Dans une déclaration au quotidien Akhbar Al Yaoum, qui se penche sur ce rapport dans son édition de ce mardi 23 janvier, Rahma Bourkia, enseignante universitaire et membre du CSEFRS, affirme que «le Conseil supérieur ne cherche pas à mettre en place une formule pour bannir les inégalités sociales au sein de la société, mais à faire en sorte que l’école ne reste pas un espace de reproduction de ces inégalités portant atteinte au principe de mérite».

L’universitaire, qui a contribué à la rédaction de ce rapport, a précisé que «le poids social porté par l’enfant influence son parcours à raison de 80%, alors que l’école n’est responsable que de 20%» de cette situation.

Le rapport, poursuit le quotidien, souligne en effet que les conditions sociales de l’apprenant impactent son parcours scolaire et influent sur ses résultats. Ainsi, une comparaison entre 10% d’élèves témoignant de brillants résultats et 10% d’élèves obtenant des résultats insatisfaisants, a montré que la capacité des familles à offrir un cadre pédagogique adéquat reste décisive.

De même, l’étude a montré que les élèves récoltant de bonnes notes en mathématiques et en langue française disposent, chez eux, d’un ordinateur et d’une connexion internet. D’ailleurs, les élèves parlant la langue française au sein de leur famille ou habitant dans des pôles urbains obtiennent, généralement, de bons résultats en français. Ce qui fait dire à Rahma Bourkia que les langues étrangères sont devenues une source d’injustice sociale au Maroc.