Après la colère d’Alpha Condé, Alger risque le banc des accusés au prochain sommet de l’UA

Après le rappel de l’ambassadeur guinéen à Alger en réaction aux rafles et expulsions inhumaines de migrants subsahariens par le pays de Bouteflika, d’autres voix s’élèvent en Afrique pour appeler l’Union africaine à mettre ce dossier en bonne place au menu de son prochain sommet.

Alpha Condé, président de la Guinée et de l’Union africaine, en a surpris plus d’un par sa fermeté, et particulièrement les Algériens eux-mêmes, en décidant en ce début de semaine de rappeler son ambassadeur à Alger, Ousmanr Diao Balde. Un geste de colère de la part du «sage» Alpha Condé, comme le désigne Al Ahdath Al Maghribia dans son édition de ce jeudi 18 janvier, geste qui pose un certain nombre de questions quant aux raisons qui ont poussé la Guinée à taper si fort du poing sur la table.

Une chose est sûre: dans les us diplomatiques, quand un pays rappelle son ambassadeur, cela signifie que de profonds désaccords ont subitement surgi entre l’Etat accréditant et celui accréditeur, dont les relations frôlent ainsi la rupture. Pour les observateurs, rapporte Al Ahdath, les traitements inhumains, cruels, voire inqualifiables auxquels les autorités algériennes ont soumis des milliers de migrants subsahariens seraient derrière la colère de Conakry, dont plusieurs ressortissants auraient subi des sévices sur le territoire algérien.

Kankan, la radio officielle de Conakry, aurait eu ce commentaire amer: «Ce qui se passe en Algérie est un scénario horrible qui nous rappelle de sombres épisodes dans l’Histoire de l’Afrique. Il est clair que ce sont nos frères subsahariens qui sont visés par l’Algérie, pays qui s’est transformé en chantre des expulsions inhumaines des citoyens à la peau noire (…) refoulés dans des conditions inhumaines vers Tamanrasset puis expulsés, de façon horrible et criminelle, vers les autres pays frontaliers…».

Mais la Guinée, pays qui préside actuellement l’Union africaine, n’est pas la seule à être outrée par le comportement raciste des autorités algériennes. L’Association nigérienne de défense des droits de l’Homme, le Conseil supérieur des acteurs non gouvernementaux du Gabon, le Réseau centrafricain des associations de la société civile pour une économie verte, ont unanimement condamné les «expulsions forcées et inhumaines dont sont victimes les Subsahariens en Algérie». Ces ONGs ont également lancé un appel urgent à l’Union africaine ainsi qu’aux organisations régionales et sous-régionales en vue de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour mettre fin à ce drame humanitaire sans précédent. Il a même été demandé à l’UA de programmer ce dossier en priorité, lors de son prochain sommet prévu dans quelques jours.