Un baron de la drogue condamné à 20 ans de prison s’échappe du CHU Ibn Sina à Rabat

Des individus déguisés en fonctionnaires de prison ont réussi, dimanche 14 janvier à l’aube, à extirper un baron de la drogue, « Chérif Laaroussi » de l’intérieur du CHU Ibn Sina de Rabat.

Le directeur de l’établissement hospitalier a rejeté toute responsabilité. Les services de sécurités poursuivent pour leur part leur recherches pour retrouver le fugitif.

Quatre faux fonctionnaires de prison ont pénétré au CHU dimanche vers 4h30 du matin. Pour faire diversion, ils ont ramené avec eux un fauteuil roulant dans lequel ils ont installé le baron, échappant ainsi à la vigilance des deux policiers qui étaient postés devant la chambre du criminel.

Le directeur du CHU, Abdelkader Rougani, s’est dégagé de toute responsabilité. « Nous ne sommes pas responsables de la sécurité du prisonnier mais uniquement des soins. Notre responsabilité se cantonne à ce niveau », a-t-il déclaré à Telquel arabi.

Chérif Laaroussi était incarcéré à la prison de Tifelt. Il avait été condamné à 20 ans de prison, dont 12 années purgées jusque-là, Il avait été condamné dans une affaire impliquant une soixantaine de personnes, dont 11 fonctionnaires des forces de l’ordre pour trafic de drogues dures, formations d’une bande criminelle, vol de voiture, etc. Le week-end dernier, il a demandé à se rendre à l’hôpital, prétextant une « dégradation de son état de santé ». Il y a été transporté samedi 13 janvier

Selon l’article 137 de la loi 23-98 relative à l’organisation et au fonctionnement des établissements pénitentiaires, « l’hospitalisation n’a lieu que sur prescription médicale. Avis en est donné, avant le déplacement du détenu malade, à l’administration pénitentiaire ainsi qu’à l’autorité judiciaire compétente s’il s’agit d’un détenu soumis à la détention préventive. En cas d’urgence, avis est donné à ces autorités après hospitalisation ».

Le même article précise que « le directeur de l’établissement pénitentiaire doit donner également tous les renseignements utiles à l’autorité concernée pour la mettre en mesure de prescrire l’escorte et la garde du détenu hospitalisé par les services de police ou de gendarmerie et, d’une façon générale, pour arrêter les mesures propres à éviter tout incident, compte tenu de la personnalité du détenu ».