Sahara: Köhler veut impliquer l’UA dans la recherche d’une résolution au conflit

Köhler a rencontré à la fois le futur président de l’UA, le président de la Commission et le président du Conseil de paix et de sécurité. Il s’est également entouré d’un ancien diplomate basé au Sud Soudan et d’un ancien envoyé de l’ONU auprès de l’UA, nommé chef de la Minurso.

L’envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU, Horst Köhler, vient enfin de dévoiler sa stratégie pour trouver une solution définitive au conflit du Sahara. L’ancien président allemand s’est ainsi rendu à Kigali, vendredi dernier, pour rencontrer le président rwandais, Paul Kagamé, qui assumera la présidence de l’UA à partir de la fin de ce mois, rapporte le quotidien Akhbar Al Yaoum dans sa livraison du lundi 15 janvier.

Quelques jours auparavant, note la même source, c’est avec l’actuel président de la Commission de l’UA, le Tchadien Moussa Faki Mahamat, qu’il s’est entretenu. L’émissaire onusien a également rencontré le président du Conseil de paix et de sécurité, relevant de l’UA, Smaïl Chergui, précise le journal. Köhler a d’ailleurs entamé cette virée diplomatique, affirme la même source, à Bruxelles où il a eu des entretiens avec le chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

La nature de ces visites fait dire au journal que l’envoyé personnel planche sur un plan d’action pour l’avenir, puisqu’il a veillé à rencontrer le futur président de l’UA, Paul Kagamé, et non le président sortant, le Guinéen Alpha Condé.

Mais, note Akhbar Al Yaoum, en agissant de la sorte, l’émissaire onusien a dépassé les lignes rouges fixées par le Maroc. Le Royaume, bien avant de la réintégrer a, en effet, toujours veillé à tenir l’UA à l’écart de ce conflit qui, pour lui, relève de la seule ONU et de son Conseil de sécurité. C’est donc une première que vient de signer Horst Köhler, puisqu’aucun de ses prédécesseurs ne s’est jamais entretenu avec des responsables africains dans le cadre de sa mission.

En effet, affirme Abdelmajid Belghazal, cité par le journal, la teneur du dernier discours royal, prononcé à l’occasion de la Marche verte, a clairement fixé le cadre des négociations sur le Sahara. En revanche, précise ce spécialiste de la question, la démarche du responsable onusien ne changera rien au fonds du dossier puisque, selon les documents de l’ONU relatifs à ce conflit, c’est à l’instance onusienne, exclusivement investie de la mission, de le gérer et de trouver une solution.

Et la même source d’ajouter qu’il ne faut pas en vouloir à l’émissaire onusien d’avoir entamé une démarche exploratrice pour sonder les avis des uns et des autres et se donner les moyens d’assurer sa mission. Ce faisant, il ne fait que tâter le terrain et explorer toutes les voies à même de lui permettre de relancer les négociations. En même temps, il inscrit sa démarche dans un cadre plus large.

Cependant, note le journal, le nouvel envoyé personnel du SG de l’ONU aborde sa mission avec une célérité inhabituelle. De même, alors que ses prédécesseurs se limitaient à rencontrer les parties directement concernées et le groupe des amis du Sahara, ses réunions avec les responsables européens et africains relèvent d’une démarche quelque peu intrigante. D’autant que l’émissaire onusien a particulièrement tenu à se faire entourer de profils ayant évolué, durant leur carrière, en Afrique. C’est le cas notamment de son conseiller, le diplomate allemand David Schawke, qui était ambassadeur de son pays au Soudan du Sud, et du nouveau chef de la Minurso, le Canadien Colin Stewart, qui était en poste à Addis-Abeba entre 2011 et 2016.