Le Maroc célèbre lundi la Journée de lutte contre l’analphabétisme

À l’instar des autres pays du monde arabe, le Maroc célèbre lundi la Journée de lutte contre l’analphabétisme, avec une ferme détermination à éradiquer ce fléau qui constitue l’une des entraves majeures au développement.

Le nombre de réformes éducatives et de programmes d’alphabétisation mis en place ces dernières années par le Royaume témoigne ainsi de l’intérêt particulier qu’il accorde à cette cause en tant que levier fort du développement humain. Célébrée le 8 janvier de chaque année, la Journée arabe de lutte contre l’analphabétisme, qui a pour objectif de sensibiliser le grand public quant au danger de ce fléau et d’appuyer les différentes initiatives et programmes d’alphabétisation au niveau national et régional, est l’occasion idoine de s’attarder sur les efforts déployés par le Maroc en faveur de l’éducation des citoyens.

Il en est ainsi de la Constitution de 2011 qui consacre dans son article 31 le droit à un égal accès de l’ensemble des Marocains à une éducation moderne et de qualité et dans son article 32 le droit à l’enseignement fondamental à tous les enfants. L’UNESCO a ainsi attribué au titre de l’année 2012 la mention honorable du Prix Confucius d’alphabétisation à la Direction de la lutte contre l’analphabétisme relevant du ministère de l’Education nationale, une distinction internationale en reconnaissance des efforts que le Maroc ne cesse d’intensifier dans sa lutte contre l’illettrisme.

En 2013, le Royaume a créé, dans ce cadre, l’Agence nationale de lutte contre l’analphabétisme (ANLCA), chargée de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre l’analphabétisme, qui selon une feuille de route à l’horizon 2024, vise à réduire la moyenne générale d’analphabétisme à moins de 5%, en éradiquant l’analphabétisme des jeunes âgés de 15 à 24 ans en améliorant les acquis de la population active analphabète ou semi-analphabète et la réduction du taux d’analphabétisme à moins de 10% à l’horizon 2026.

Toutefois, compte tenu du manque de financement, l’engagement de l’Etat seul demeure insuffisant, d’où la nécessité de mobiliser l’ensemble des acteurs et intervenants pour appuyer l’engagement national autour de la question de l’analphabétisme et conjuguer les efforts des différentes parties prenantes afin d’atteindre les objectifs visés.

C’est dans cette optique que l’ANLCA a initié les Assises nationales de l’alphabétisation, tenues les 13 et 14 octobre dernier à Skhirat, afin de partager et d’échanger autour de la question de lutte contre l’analphabétisme, de créer une plateforme de concertation et de participation active, d’élargir les discussions et d’élaborer des propositions et recommandations à même d’améliorer le système de l’alphabétisation du Maroc et d’atteindre l’objectif escompté, et ce, en impliquant notamment les secteurs public et privé, le tissu associatif et les organisations internationales.

Dans cette même veine, le ministère des Habous et des Affaires islamiques a mis en place le programme de lutte contre l’analphabétisme dans les mosquées au titre de la période quinquennale 2015-2016 et 2019-2020 qui profite à 1.500.000 bénéficiaires, soit un taux de 300.000 bénéficiaires pour chaque année scolaire.

Ainsi, les efforts continus du Maroc dans la lutte contre l’analphabétisme, qui touche 8 millions de Marocains, se sont soldés par une baisse de deux tiers du taux d’analphabétisme sur un demi siècle, passant de 9 personnes sur 10, soit 87% en 1960 à 3 personnes sur 10 en 2014, soit 32%, selon une notre d’information sur les aspects socio-démographiques et économiques de l’alphabétisation de la population marocaine publiée par le Haut-commissariat au plan (HCP) à l’occasion de la Journée internationale de l’alphabétisation au titre de l’année 2017.

La Journée arabe de lutte contre l’analphabétisme est non seulement l’occasion de mettre en avant les efforts du Maroc en faveur de l’alphabétisation, mais c’est aussi un moment privilégié pour évaluer les politiques adoptées en la matière et de sensibiliser le grand public quant à la nécessité de mettre en place d’une approche inclusive, englobant le secteur privé, la société civile et les organisations internationales afin de mener à bien l’ambitieuse réforme éducative nationale.

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