Casablanca: l’Intérieur s’attaque aux privilèges des « serviteurs de l’Etat »

Une enquête de l’IGF et de l’IAGT a permis de mettre à jour une gestion douteuse du parc de logements de fonction mis à la disposition des fonctionnaires et des agents d’autorité, à Casablanca. Le wali s’est saisi de l’affaire. Une purge se profile déjà à l’horizon.

Les logements de fonction sont au cœur d’une affaire opposant la wilaya au conseil préfectorale de Casablanca. Le président PJD du conseil préfectoral, Mohamed Najib Ammor, invité par le ministère de l’intérieur, sur la base des conclusions d’un rapport de l’IFG et de l’IGAT, à apurer ce dossier, a préféré renvoyer la balle dans le camp de la wilaya, rapporte le quotidien Assabah dans son édition du jeudi 30 novembre.

Une fois saisi du dossier, le wali a entrepris de réviser tous les contrats passés au nom du conseil préfectoral et portant sur la location, au profit des fonctionnaires et autres agents d’autorité, de logements de fonction, note le journal. Ainsi, tous ces contrats seront résiliés, de même que les conditions d’accès au logement de fonction seront revues et clarifiées. Une liste des propriétaires de ces logements sera également dressée.

En outre, note le journal, selon les conclusions des rapports des deux inspections des Finances et de l’Administration territoriale, plusieurs contrats de location signés par le conseil préfectoral seraient entachés d’irrégularités. Certains individus se seraient même enrichis, affirme le journal, en gonflant les montants de location et en trafiquant les listes des bénéficiaires.

En effet, affirme le journal, les délégations des deux inspections sont tombés sur, par exemple, des villas louées à 40.000 dirhams au profit de fonctionnaires et agents dont les salaires sont bien inférieurs au prix de la location. Les inspecteurs ont également découvert, dans des quartiers huppés, des appartements de luxe loués au profit de fonctionnaires partis depuis longtemps à la retraite ou affectés à d’autres régions. Des appartements que le conseil de la préfecture continue malgré tout de payer, pour les bénéficiaires et leur famille.

Entre autres aberrations mentionnées dans les rapports de l’IGAT et de l’IGF et reprises par le journal, des appartements mis à la disposition des agents d’autorité et des fonctionnaires pour lesquels le conseil préfectoral verse des loyers allant de 13.000 à 18.000 dirhams, alors que la moyenne des loyers, dans ces quartiers, ne dépasse guère 3.500 dirhams. Pire encore, rapporte Assabah, certains fonctionnaires louent leurs propres appartements au conseil préfectoral qui les met, à son tour, à leur disposition comme logement de fonction. Au total, précise le journal, ces loyers coûtent à l’Etat et au contribuable un peu plus de 9 millions de dirhams par an.

Par ailleurs, note le journal, le parc des voitures de service du conseil communal connaît également une gestion tout aussi douteuse. L’octroi de voitures de service répond, dans beaucoup de cas, au népotisme et au clientélisme qui règnent en maîtres, plutôt qu’à des critères rationnels. Beaucoup de fonctionnaires ont ainsi pu bénéficier d’un véhicule de service et de bons de carburant alors qu’ils perçoivent déjà des indemnités de transport, ce qui les rend inéligibles à ce privilège.

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