À propos des actes de vandalisme contre le centre culturel islamique de Varsovie

Un incident isolé ou un acte criminel mu par des motifs religieux

 

Les actes de vandalisme délibérés commis en début de semaine contre le Centre culturel islamique et la mosquée de Varsovie ont été interprétés différemment, certains y voient un simple incident isolé alors que d’autres considèrent qu’il s’agit d’un acte criminel intentionnel mu par des motifs religieux.

Bien que des responsables polonais et des médias locaux se sont empressés d’écarter le caractère raciste des actes de vandalisme contre la mosquée située dans le quartier Ochota dans le centre ville de Varsovie, des responsables religieux affirment eux que ces actes peuvent refléter une montée dangereuse de l’intolérance religieuse au sein de la société polonaise et de certaines pratiques racistes contre les étrangers en général et les musulmans en particulier.

Il semble que la société polonaise est pacifiste et n’éprouve pas d’hostilité envers des races ou religions spécifiques, mais de nombreux événements survenus depuis l’arrivée au pouvoir du parti Droit et justice en 2015, donnent à penser que le phénomène de l’islamophobie et de la discrimination religieuse continue de progresser ce qui risque d’avoir des répercussions au sein de la société polonaise.

Plusieurs incidents attirent l’attention sur la montée d’idées extrémistes contre les autres religions, notamment les menaces proférées à l’encontre des responsables du Centre culturel islamique, en particulier l’imam de Poznan, les agressions contre les musulmans dans les transports en commun, les déclarations de membres du gouvernement polonais et de hauts responsables sur le caractère dangereux de l’immigration en provenance des pays musulmans, le refus de Varsovie d’accueillir des migrants musulmans, et le dernier en date est la marche organisée à l’occasion de l’anniversaire de l’indépendance de la Pologne, au cours de laquelle certains manifestants ont scandé des slogans et brandi des banderoles antisémites en général et contre l’Islam en particulier.

La position géographique de la Pologne est un facteur qui pourrait être une entrave au rapprochement social direct avec les pays musulmans, mais aussi la présence limitée des communautés musulmanes établies en Pologne, à l’exception de celle en provenance du Caucase qui a immigré massivement au cours des années 90. Cela explique l’absence de contacts directs avec la communauté musulmane et donne lieu à une méconnaissance de l’Islam.

Il ne fait aucun doute que les actes de vandalisme contre la mosquée de Varsovie pourraient amener la société polonaise ainsi que certains responsables à revoir leurs idées stéréotypes sur l’Islam et s’ouvrir davantage sur les pays musulmans, non seulement pour atteindre des objectifs économiques, mais aussi pour corriger l’image sur la Pologne, en tant que pays qui ne s’est pas encore suffisamment ouvert sur le monde musulman.

Néanmoins, rien ne justifie que la société polonaise adopte une attitude négative envers les musulmans et l’Islam, une religion prônant la tolérance, la fraternité, la modération et le juste milieu.

En effet, la Pologne n’a jamais connu d’actes terroristes ou criminels impliquant des musulmans. Cette communauté, qui vit en harmonie au sein de la société, contribue en revanche à la croissance de l’économie de la Pologne en exerçant des activités commerciales de qualité.

Il ne serait peut-être pas approprié de qualifier les actes de vandalisme contre la mosquée d’actes racistes ou dirigés contre l’Islam et les musulmans, mais cela n’empêche pas de noter que la société polonaise est appelée à déployer plus d’efforts pour se départir de l’image d’intolérance et de refus d’ouverture sur l’autre qui lui est attribuée d’autant plus que nous vivons dans un monde en mutation permanente où il n’y a plus de place pour des concepts désuets telle l’exclusion et où les peuples se sont rapprochés en dépit de quelques événements qui surgissent de temps à autre.

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