(Vidéo) Emmanuel Macron: le franc CFA est le problème des chefs d’Etat africains

Pour Emmanuel Macron, le Franc CFA n’est pas un problème pour la France, c’est aux chefs d’Etat africains de décider de rester ou de sortir de ce système monétaire.

Dans les années 70, quand les Européens se sont plaints de la fin de la contrepartie en or du dollar, John Connally, alors secrétaire d’Etat américain au Trésor, leur avait simplement répondu: « Le dollar c’est notre monnaie, mais c’est votre problème ». Le président français savait qu’il n’échapperait pas à la question sur le franc CFA lors de son passage devant les étudiants de l’université Joseph Ki-Zerbo d’Abidjan, « un fief de révolutionnaires et de panafricanistes », d’après ce qu’on lui avait rapporté.

Alors, ce mardi 28 novembre 2017, dans son discours de Ouagadougou, il avait soigneusement préparé sa réponse, qui consistait à rappeler que certes, c’est la France qui assure la garantie du franc CFA, mais ce dernier reste foncièrement la responsabilité des africains, notamment de leurs dirigeants. « Le franc CFA, la France n’en est pas le maître, elle en est le garant. Si un Etat veut sortir, il peut le faire », a-t-il dit.

Toutefois, il concède que l’arrimage du CFA en fait une monnaie forte qui ne traduit pas forcément la compétitivité des économies des 14 pays africains concernés. En effet, c’est comme si le Sénégal, le Mali ou encore la Côte d’Ivoire avaient la même monnaie que l’Allemagne.

Emmanuel Macron reconnaît également que les pays africains doivent renforcer leur intégration régionale et qu’une monnaie commune pourrait y contribuer. Cependant, il envisage cette intégration comme un élargissement de la communauté à d’autres pays de la région plutôt que comme un abandon du CFA. Par « autres pays », il entend notamment le Nigeria.

Interrogé sur la question, l’activiste Kemi Seba, auquel, sans le nommer, le président français n’a pas manqué de jeter une pique, affirme qu' »en réalité, le discours que tient Emmanuel Macron en public est différent de celui qu’il tient aux chefs d’Etat en privé. Tout le monde sait que la France tient tellement à cette monnaie, synonyme de stabilité pour les entreprises qui exploitent les richesses africaines, qu’elle serait capable de sanctionner les pays qui se retireraient du CFA ». Et force est de constater que le raisonnement du Franco-Béninois, fondateur de l’ONG Urgences Panafricanistes, n’est pas inexact. Car non seulement la balance commerciale vis-à-vis de la France n’a jamais été excédentaire, mais en plus, le peu d’exportations vers la France est assuré essentiellement par des entreprises françaises.

Aujourd’hui, la Chine est devenue le premier partenaire de l’Afrique et d’autres horizons commerciaux et financiers s’ouvrent à elle. Et tant que cette situation perdurera, le CFA demeurera effectivement un vrai problème africain, mais c’est aussi une couverture contre le risque de change des entreprises françaises intervenant en Afrique.

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