Les députées marocaines ignorent-elles leurs missions législatives?

La faible formation juridique est le principal obstacle qui handicape la participation des femmes députées au travail législatif. Une étude vient de démontrer qu’elles sont nombreuses à ignorer ce que sont les fonctions du Parlement ou le contrôle de l’action gouvernementale.

Elles sont 81 femmes députées, sur 395 élus, à siéger actuellement à la Chambre des représentants. Leur niveau d’études est globalement élevé puisque, dans leur majorité, elles justifient d’un diplôme universitaire. Mais cela semble être insuffisant pour leur permettre d’exercer pleinement leur mission législative, car leur formation juridique laisse à désirer.

Ainsi, selon une étude commandée par l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM), en partenariat avec la Fondation Friedrich Ebert, sur la participation des femmes députées au travail parlementaire, elles seraient 93% à reconnaître qu’elles ont besoin d’un complément de formation dans de nombreux domaines: droit, communication, diplomatie parlementaire, évaluation des politiques publiques, finances publiques…

D’après le quotidien Al Ahdath Al Maghribia du 20 novembre, qui rapporte les résultats succincts de cette étude à paraître, elles sont 31% à ne pas connaître la nature des relations entre le Parlement et le Gouvernement et 50% à ignorer la relation de leur institution avec la société civile ou même avec d’autres institutions constitutionnelles.

En corrélation avec ce faible niveau de formation juridique, l’étude divulgue également que les femmes députées sont très peu représentées dans les structures internes du Parlement (bureau, commissions, groupes…). En d’autres termes, leur influence sur les décisions prises au sein du Parlement est quasiment nulle.

Pire, révèle l’étude, les femmes députées sont victimes d’une ségrégation en matière des questions, orales ou écrites, posées au gouvernement dans leur mission de contrôle de l’action de ce dernier. Même si nombre d’entre elles reconnaissent ignorer la procédure pour ce faire, d’autres subissent tout simplement des pressions en vue de s’abstenir d’exercer ce droit, qui est l’essence même de leur fonction.

Cependant, les femmes parlementaires, conscientes de ces difficultés, en plus d’autres obstacles que leur dressent leurs homologues mâles, exigent que des sessions de formation multisectorielles soient dispensées à tous les députés, que ce soit au sein du parti d’origine, à l’université, voire au Parlement même, Mais mieux sera d’initier souvent ces formations bien avant les échéances électorales.

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