Fonction publique: le salaire moyen représente 3 fois le PIB par habitant contre 1,2 en France

Le Maroc s’offre une fonction publique qui dépasse les moyens de son économie, surtout que l’amélioration substantielle des revenus des fonctionnaires ne se traduit pas par une amélioration de la perception de l’administration chez le citoyen, selon la Cour des comptes.

Comparé à la richesse nationale, le salaire net moyen dans la fonction publique de l’Etat représente environ 3 fois le PIB par habitant contre 1,2 en France et 1 en Espagne, fait remarquer la Cour des comptes qui vient de rendre public un rapport portant sur l’évaluation du système de la fonction publique.

Ce ratio élevé du salaire moyen s’explique, selon la cour des comptes, par la faiblesse du PIB marocain comparativement à ceux des pays cités en référence, mais également, par les multiples revalorisations des salaires décidées à travers le dialogue social, en plus de l’effet des promotions de grade et d’échelon.

En effet, le rapport fait constat d' »une évolution continue » de la masse salariale, précisant qu’en 2016, l’effectif du personnel de l’Etat a atteint 583.071 fonctionnaires civils, pour une masse salariale de plus de 120 milliards de dirhams (MMDH), soit 11,84% du PIB.

Pour leur part, les collectivités territoriales emploient un effectif de 147 637 fonctionnaires dont les dépenses ont atteint 11,2 MMDH en 2016, ajoute le rapport.

En plus des déséquilibres dans le déploiement territorial des deux catégories de fonctionnaires, l’effectif du personnel civil de l’Etat est concentré dans un nombre limité de départements (Education, Intérieur, Santé, avec respectivement 49,4%, 20,5% et 8,4%), relève encore le rapport.

D’après la Cour des comptes, les gouvernements successifs ont manifesté une prise de conscience de la nécessité de la réforme de la fonction publique, notant que les principales mesures de réforme sont celles prises dans le cadre du programme d’appui à la réforme de l’Administration (2003-2010) qui s’est étalé sur quatre phases pour un montant total de plus de 9,6 MMDH.

Ce programme comportait une composante visant l’amélioration de la gestion des ressources humaines, poursuit la même source, précisant que dans cette composante, il était prévu de mettre en place des mesures pour la maitrise de la masse salariale, une gestion prévisionnelle des effectifs et des compétences, une stratégie de la formation continue et les bases d’une politique de déconcentration.

Toutefois, les réalisations de ces objectifs sont restées « limitées », constate le rapport, notant que seules les mesures relatives à la maitrise de la masse salariale ont été mises en œuvre, notamment à travers l’opération de départ volontaire à la retraite en 2005, qui avait, certes, « permis une réduction des effectifs et du poids de la masse salariale, mais sans effet durable et sans vision d’ensemble ».

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