Renseignement: l’Espagne répond au Maroc en lançant son propre satellite d’espionnage

L’Espagne s’apprête à lancer, dans quelques jours, son premier satellite d’observation de la terre, juste après le lancement du satellite «Mohammed VI-A». Cependant, d’un point de vue technologique, le «SeoSat ingenio» espagnol est loin de rivaliser avec le dispositif marocain.

Le voisin du Nord s’apprête à lancer son premier satellite d’observation et d’espionnage. Ce projet, initié il y a dix ans, arrivera à terme juste après le lancement par le Maroc du satellite «Mohammed VI-A», observe le quotidien Al Massae dans son édition du lundi 20 novembre. Baptisé «SeoSat Ingenio», ce dispositif, entièrement mis au point par des ingénieurs espagnols et équipé de deux caméras et d’un dispositif de miroirs, est capable de détecter un objet de la taille d’une voiture, affirme le journal.

Le satellite, qui couvre tout le territoire espagnol, y compris les deux présides occupés de Sebta et Melilla, a nécessité aux ingénieurs espagnols, qui sont partis de zéro, dix années de travail et d’efforts, ajoute le quotidien. En outre, note Al Massae, c’est à l’occasion de la crise de «Laila» que les Espagnols, qui ont réalisé qu’ils ne disposaient pas d’images satellites de cet îlot, ont commencé à sérieusement envisager la possibilité de disposer de leur propre satellite d’observation. A l’époque, affirme le journal, l’armée espagnole avait été contrainte de se servir d’images fournies par un satellite français, dont la qualité n’était pas au niveau des espoirs des militaires espagnols.

Le projet d’un satellite 100% espagnol a donc été initié en 2007. Une fois mis sur orbite, le satellite sera capable de fournir des images de la totalité du territoire espagnol avec un balayage de huit fois par an. Officiellement, ces images serviront à établir des cartes qui seront utilisées dans l’agriculture, la gestion des ressources naturelles, les urgences et la prévention des catastrophes naturelles et des incendies de forêts.

Selon le quotidien Akhbar Al Yaoum, qui s’est également intéressé à ce sujet dans son édition du lundi, le projet aura coûté quelque 2 milliards de dirhams (200 millions d’euros). Pourtant, le satellite peut à peine détecter, à une hauteur de 670 km, des objets de la taille d’une voiture, comme précisé auparavant. Autant dire qu’il a la même résolution que celle offerte par Google Earth et est, donc, loin de rivaliser avec le satellite Mohammed VI-A que le Maroc vient de mettre en orbite et qui, lui, fournit 1.000 images par jour avec une résolution de 70 cm.

Cependant, note Akhbar Al Yaoum qui cite le quotidien espagnol El Pais, après ce premier satellite construit par des ingénieurs espagnols, le voisin du Nord entend mettre sur orbite un deuxième dispositif l’année prochaine, à savoir un satellite radar de l’armée baptisé «Paz» qui sera lancé, depuis les Etats-Unis, au moment du lancement, par le Maroc, du satellite «Mohammed VI-B».

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