Quand Jamel Debbouze se compare à… Molière

L’humoriste est de retour sur scène avec un nouveau spectacle après une longue absence. Mais à l’heure de ses premières représentations, on l’accuse de reprendre des sketchs de comparses anglo-saxons. Sa réponse ne s’est pas faite attendre. Elle est plutôt bien amenée.

Il ne dément pas mais explique pour se défendre que l’originalité repose aussi sur une inspiration parfois inconsciemment calquée sur celle des autres. A l’instar d’autres showmen emblématiques de la scène française, comme Tomer Sisley, Gad Elmaleh ou Malik Bentalha, Jamel Debbouze est la cible de critiques sur ses textes. La chaîne YouTube #CopyComic l’accuse carrément de plagiat, insinuant qu’il se contenterait parfois de traduire les sketchs d’humoristes et comédiens américains ou anglais.

Cette pique envoyée sous l’anonymat ne pouvait pas laisser le principal intéressé sans réponse. Invité hier au micro de l’émission « Laissez-vous tenter » sur RTL, le mari de Mélissa Theuriau a donné sa lecture personnelle sur son travail.

Il se dit « interloqué » par l’accusation : « Ca fait 25 ans que je monte sur scène, je suis à mon cinquième spectacle, à mon dixième film, à mon huitième festival. J’écris des textes à longueur de journée, je m’inspire de moi et de ce qui m’entoure. Evidemment, on peut laisser traîner une oreille, mais on ne peut pas réduire un artiste à cela ». En somme, il conçoit avoir déjà repris « deux vannes ou trois », ce qui, à l’échelle d’une carrière aussi riche, ne peut en aucun cas être significatif à ses yeux.

Il poursuit son plaidoyer sur ce crédo : « J’ai dû le faire sans m’en rendre compte. Il faut savoir qu’on a des auteurs avec qui ont travaille et que chacun est inspiré à sa manière. Tout ça est naturel pour moi ». Le fondateur du Marrakech du rire signale en l’occurrence que le fait de s’inspirer n’est en rien comparable au fait de clairement copier, de A à Z. Pour illustrer son propos, il se permet d’ailleurs une comparaison plutôt surprenante : « On peut raconter les mêmes choses que nos voisins anglo-saxons mais avec notre style. C’est tellement dur de créer et d’être singulier. Rester au plus proche de soi, finalement, c’est ce qu’il y a de plus dur. On l’a reproché à Molière, donc c’est presque flatteur ».

Histoire finalement d’être tout à fait catégorique face à cette mini-polémique, Jamel Debbouze tranche en conclusion : « Je ne me suis jamais calqué sur qui que ce soit ». Il en apporte la preuve dans son nouveau spectacle, baptisé « Jamel ou Jamais », qui signe son retour sur scène après six années d’absence.

Luca ANDREOLLI

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