Médiation entre les pays du golfe: le Maroc réussira-t-il là où d’autres ont échoué?

Une médiation du Maroc avait déjà été proposée par le roi Mohammed VI, au vu de la situation que connaît la région. Le royaume réussira-t-il là où ont échoué le Koweït et les États-Unis?

Le roi Mohammed VI a pris part, mercredi, à la cérémonie d’inauguration du musée du Louvre Abou Dhabi, un projet qui a pris dix années de préparation. Le souverain, rappelle le quotidien Al Ahdath Al Maghribia, effectue actuellement une visite d’amitié et de travail aux Emirats arabes unis et se rendra, dès le 12 novembre, au Qatar pour une visite officielle. En cette période très sensible, cette visite dans la région, visite pendant laquelle le souverain s’entretiendra en tête-à-tête avec les chefs d’Etat des deux pays, remet au centre de l’actualité l’initiative de médiation prise par le Maroc après l’éclatement de la crise du Golfe.

Le Maroc, affirme le journal, jouit d’un statut privilégié dans ses rapports avec les différents pays du CCG, ce qui en fait un candidat idéal pour toute tentative de réconciliation entre les pays du Golfe, d’autant que la position que le Maroc a choisie dès l’éclatement de cette crise favorise ce scénario. En effet, rappelle Al Ahdath Al Maghribia, le Maroc avait proposé ses bons offices dès début juin dernier. Ainsi, dans un communiqué diffusé le 11 juin, le ministère des Affaires étrangères avait précisé que le roi Mohammed VI avait appelé l’ensemble des parties à faire preuve de retenue et de sagesse afin de faire baisser la tension, «dépasser cette crise et régler définitivement les causes qui y ont conduit, conformément à l’esprit qui a toujours prévalu au sein du CCG».

Le même communiqué, note le journal, avait évoqué les contacts étroits et permanents que le souverain avait gardés avec les différentes parties depuis le déclenchement de cette crise. «Le Royaume du Maroc, fortement lié aux pays du Golfe dans tous les domaines, mais suffisamment éloigné géographiquement, se sent intimement concerné par cette crise, sans y être directement impliqué», précise le même communiqué qui, affirme Al Ahdath Al Maghribia, exprime une volonté de médiation avec l’approbation des parties concernées. Ce communiqué a été suivi d’une visite dans la région du ministre des Affaires étrangères, porteur d’un message aux chefs d’Etat concernés.

Pour en revenir à l’actuelle visite royale dans les pays du Golfe, le journal précise qu’elle intervient au moment où la région connaît de profonds changements. Elle répond également aux signaux émis par les pays de la région, qui semblent vouloir voir se concrétiser la proposition de médiation marocaine, après l’échec des initiatives du Koweït et des Etats-Unis.

Par ailleurs, note le journal, la visite royale dans la région coïncide avec une période très critique où la tension entre l’Iran et les pays de la région est à son comble, notamment après le lancement d’un missile balistique sur la capitale saoudienne par les rebelles houthis du Yémen. Il s’en est suivi un échange d’accusations entre les chefs de la diplomatie de l’Iran et de l’Arabie saoudite. Et ce alors que la crise entre, d’un côté, l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes et le Bahreïn et, de l’autre, le Qatar, en est à son cinquième mois. Tout en revenant sur les positions récentes des uns et des autres, le journal observe que, lors de son récent déplacement au Maroc, vendredi dernier, dans le cadre de sa participation à une rencontre internationale, le chef de la diplomatie du Qatar a insisté sur la disposition de son pays à ouvrir un dialogue avec les autres Etats concernés pour trouver une issue à cette crise qu’il qualifie d’«artificielle et sans fondement».

Pendant tout ce temps, le Koweït a poursuivi ses efforts de médiation, sans résultat. Quant à la Turquie, qu’on donnait, au début, pour probable médiateur entre les deux parties, elle s’est révélée une partie du problème plutôt qu’un facteur d’apaisement. En effet, affirme le journal, la Turquie s’est empressée d’envoyer ses troupes dans une base militaire au Qatar juste après l’éclatement de la crise. Un acte jugé inacceptable par les autres pays.

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