Le Maroc décroche lentement du marché européen

Le Maroc passe à la vitesse supérieure dans son intégration à l’économie mondiale. Ce nouveau départ repose essentiellement sur la diversification des partenaires du Royaume qui tient à sortir des sentiers battus, en renforçant son ancrage africain, tout en mettant le cap sur d’autres régions du monde, notamment l’Asie. Cette mutation qui s’opère progressivement transparaît ainsi dans la structure des échanges extérieurs du Maroc.

Certes, l’Union européenne (UE) reste le premier partenaire économique du Maroc. Mais, elle perd du terrain d’année en année. Sa part dans les échanges extérieurs du Maroc est passée de 60,1% en 2005 à seulement 57% en 2015. Cet ensemble a absorbé 65% des exportations marocaines en 2016 (soit seulement 0,65% du total des importations extra-UE), contre 74,3% en 2004. Par contre, les importations marocaines de l’UE restent toujours aussi élevées, représentant 56% de l’ensemble des approvisionnements du Maroc à l’étranger, contre 52,8% en 2005.

À noter toutefois que le potentiel de progression des échanges Maroc-UE reste important, comme peut en témoigner leur accroissement à deux chiffres en 2016 (10%), atteignant 372 milliards de DH, contre 3% en 2015, selon le rapport économique et financier publié par le ministère de l’Économie et des finances et accompagnant le projet de loi de Finances 2018. Par pays, l’Espagne a pu surclasser la France ces dernières années en se hissant au rang de premier partenaire commercial du Maroc. Ainsi, les exportations marocaines vers le pays ibérique ont augmenté de 6,5% en 2016 à 52,3 milliards, soit 39,6% des exportations totales du Maroc vers la zone euro. Les importations marocaines d’origine espagnole ont fait mieux, en affichant une progression de 19,7% l’année dernière, à 64,2 milliards, représentant 32,1% des achats du Royaume de la zone. Les échanges bilatéraux avec la France se sont chiffrés, eux, à 101,2 milliards, en hausse de 11,5% en 2016. Ils sont aussi marqués par une croissance des importations (17,1% à 54 milliards) nettement plus rapide que celle des exportations (5,6% à 47,2 milliards).

Outre-Atlantique, les échanges bilatéraux avec les États-Unis sont aussi sur une bonne trajectoire, depuis l’entrée en vigueur de l’Accord de libre-échange (ALE) en 2006. Ils sont passés de 11,7 à 33,8 milliards en 2016, représentant près de 5,3% du commerce extérieur total du Maroc.

Les importations marocaines depuis ce pays «se sont sensiblement développées», se chiffrant à 26 milliards en 2016, soit 6,4% du total des approvisionnements du Maroc. Pour leur part, les exportations vers les États-Unis se sont établies à 7,8 milliards, représentant 3,5% du total exporté. Avec la Turquie, les flux ont atteint 25,6 milliards en 2016, contre 6,6% en 2006, date d’entrée en vigueur de l’ALE. Les importations marocaines en provenance de ce pays se sont élevées à 18,1 milliards en 2016, soit 4,4% du total des achats du Maroc, et les exportations vers la Turquie se sont établies à 7,4 milliards, soit 3,3% du total exporté.

Les échanges avec les pays du Golfe sont, quant à eux, passés de 14,6 milliards en 2005 à 28,1 milliards en 2014, avant de baisser à 18,1 milliards en 2016. Leur part dans les échanges totaux du Maroc a même reculé à 2,9% en 2016 après 5,2% en 2005. Pour ce qui est du commerce avec l’Afrique subsaharienne, les flux ont connu un rythme de croissance annuel de 9,1% entre 2008 et 2016, s’élevant à 19,2 milliards, soit 3% du total des échanges extérieurs du Maroc. Les importations marocaines en provenance de l’Afrique subsaharienne ont atteint 3,6 milliards en 2016, soit 0,9% du total des approvisionnements du Royaume. Les expéditions marocaines se sont montées à 15,6 milliards en 2016, soit 7% du total exporté, contre 3,5% en 2008.

Ces échanges avec l’Afrique devront se développer davantage, quand l’adhésion du Maroc à la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) sera effective. S’agissant de la Chine, le volume des échanges bilatéraux a atteint 39,5 milliards en 2016, soit une part de 6,2% du total du commerce extérieur du Maroc. Les importations du pays en provenance de Chine ont porté sur l’équivalent de 37,3 milliards l’année dernière et les exportations vers l’ex-Empire sur 2,3 milliards, soit un déficit commercial de 35 milliards et un taux de couverture de seulement 6%.

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