Au Club Royal des motos, sport rime avec panafricanisme

Uniformes enfilés, motos défouraillées, paquetages rassemblés et drapeaux du Maroc brandis, tout est prêt pour une virée des plus atypiques. Faire Abidjan-Marrakech en deux-roues, c’est le projet qui réunit les motards du Club Royal des motos le temps de leur 5ème Tour international de solidarité.

Leur cri de guerre : Passion, solidarité et panafricanisme.

Au petit main à l’esplanade d’un grand hôtel de la métropole économique ivoirienne, Hicham Bennani, président du Club Royal des motos de Rabat et homme à tout faire de l’événement, met les petits plats dans les grands pour un départ dans les meilleures conditions possibles.

Au four et au moulin mais droit dans ses bottes, Bennani, à l’image de tout le staff d’organisation, ne veut rien laisser au hasard, encore moins aux contingences que peut réserver l’aventure : état mécanique des cylindrées, disposition des participants, tracé du Tour, points de départ et d’arrivée, pleins de carburant, tout est passé au peigne fin, même le plus infime des détails. Le tout, sous le regard discret mais bienveillant de l’Ambassadeur du Maroc en Côte d’Ivoire, Abdelmalek Kettani.

Aux starting-blocks, ils sont presque une centaine de passionnés des motos, telle une armada en ordre de bataille : Jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, en solo ou avec son/sa conjoint (e), tous sont là, ravis, motivés et parés à l’aventure.
Ils sont venus du Maroc mais aussi de contrées lointaines, comme les Etats-Unis et le Mexique, pour braver intempéries de la météo et aspérités des routes et boucler un trip qui tient à cœur à leur club.

Mais pas que du sport. L’événement se veut bien plus qu’un périple en moto. En effet, dans cette aventure pour le moins unique, solidarité et panafricanisme règnent en maître.

Selon Hicham Bennani, cette édition se veut foncièrement africaine. Après quatre éditions en Europe et au Maroc, le Club ne veut pas déroger à l’élan d’africanisme qui régit la politique étrangère du Royaume depuis bien d’années.

C’est aussi un événement placé sous le signe de la solidarité. Comme son nom le laisse entendre, “notre Tour à une vocation résolument solidaire” avec des milliers de kits scolaires distribuées et caravanes médicales pluridisciplinaires organisées dans la majorité des pays qu’on va traverser, déclare-t-il à la MAP.

Le Tour ambitionne également d’encourager l’excellence en offrant des packs scolaires à des centaines d’élèves méritants pour les inciter à davantage de persévérance dans leurs études, a-t-il ajouté.

Au-delà des aspects sportif et de solidarité, le Tour c’est aussi une cure de jouvence pour certains, à l’image de Seddik Didi qui, du haut de ses 72 ans, ne se lasse pas d’y participer.

“Pour moi, c’est une source d’énergie qui me confère bien-être et me rappelle cette vivacité d’antan”, confie-t-il à la MAP.
Pour ce doyen du Tour international des motos, cette 5ème édition est bien spéciale. “Après des éditions en Europe et au Maroc, le Tour commence à Abidjan et cela revêt une symbolique particulière, vu l’intérêt qu’attache SM le Roi Mohammed VI à cette ville et à ce pays, la Côte d’Ivoire”.

La même fierté et le même enchantement se fait sentir chez Collignon Nadia, la soixantaine révolue. Cette franco-algérienne est, elle aussi, rompue au Tour international de solidarité.

“Je viens de Rennes, en moto à 3 roues. J’ai traversé la France et l’Espagne pour aller à Casablanca puis jeter l’ancre à Abidjan. C’est un régal que de pouvoir vivre une telle expérience”, lâche-t-elle, tout sourire.

“Je suis marocaine de cœur, et à chaque fois que je prends part à ce Tour, c’est un immense plaisir que je ressens d’être aux côtés de mes frères et sœurs du Maroc. A chaque fois, on m’accueille comme l’une des leurs”, se réjouit-elle.

Et il y a de quoi. Avec sa multitude d’étapes et d’escales, les contrastes naturels qu’il donne à voir mais surtout la charge humanitaire et de solidarité qu’il porte, la participation à ce Tour vaut la chandelle.

Otmane ELMIBRAK,

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