(vidéo) Le Chef du gouvernement interpellé sur la stratégie intégrée des jeunes

Le Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, a été interpellé par les députés de la Chambre des représentants, sur la politique gouvernementale dédiée aux jeunes, à l’occasion de la séance mensuelle des questions de politique générale, la toute première de la session d’automne.

Le choix de cette thématique par les groupes parlementaires formant l’opposition, l’Istiqlal et le Parti authenticité et modernité (PAM), n’est guère fortuit, car elle s’inscrit dans la droite ligne du discours royal prononcé à l’occasion de la rentrée parlementaire, dans lequel le Souverain a pointé du doigt la situation «insatisfaisante des jeunes» et a appelé à «l’élaboration d’une nouvelle politique intégrée dédiée aux jeunes. Axée fondamentalement sur la formation et l’emploi, celle-ci devrait avoir le potentiel nécessaire pour proposer des solutions réalistes aux problèmes réels des jeunes, notamment ceux qui vivent en milieu rural et dans les quartiers périphériques et pauvres». Conformément aux Hautes Instructions royales, le gouvernement s’est immédiatement approprié le dossier des jeunes.

Le ministère de tutelle a déjà élaboré une première plateforme portant sur la politique intégrée des jeunes, dont le contenu a été dévoilé, jeudi dernier, en Conseil de gouvernement. Saâd Eddine El Othmani a expliqué dans ce sens que la plateforme porte sur la méthodologie et les mesures à caractère urgent à déployer. Sur ce registre, le Chef du gouvernement a souligné que la plateforme s’appuie sur trois piliers, en l’occurrence l’écoute et la communication avec les jeunes, la diversité de l’offre publique dédiée aux jeunes, la formation, l’emploi et l’animation.

Partant de ces piliers, le gouvernement compte lancer un dialogue national pour l’élaboration d’une stratégie intégrée pour les jeunes, a fait savoir M. El Othmani. Et d’ajouter que ce dialogue se fera à travers une approche participative impliquant les parlementaires, les syndicats, la société civile, les jeunesses des partis politiques et les collectivités locales. «L’implication de toutes ces parties a pour objectif de mettre en place une politique intégrée adaptée aux besoins et attentes des jeunes», a souligné le Chef du gouvernement.

Sur ce point, le secrétaire général de la jeunesse du Parti de l’Istiqlal, Omar Abbassi, également député à la première Chambre, a montré du doigt l’attitude du gouvernement qui n’a pas fait appel aux jeunes durant l’élaboration de la plateforme de la stratégie intégrée qui leur est dédiée. Pour lui, le gouvernement devait consulter les jeunes durant cette phase. Interpellé sur les mesures prises par le gouvernement en faveur des jeunes, M. El Othmani a expliqué que son gouvernement a accordé une importance considérable à trois secteurs qui les touchent de près. Il s’agit essentiellement de l’enseignement et de la formation, l’emploi et le volet culturel et social.

Il a ainsi mis en exergue les mesures contenues dans le projet de loi des Finances. Dans sa réponse, le Chef de l’Exécutif a précisé que la plateforme ne définit que le cadre général de la stratégie et la méthodologie de travail à suivre, tout en promettant que le dialogue national touchera l’ensemble des acteurs de la société.

L’implication des régions dans ce chantier n’est pas en reste. Le gouvernement mise beaucoup sur le partenariat avec les régions dans ce dossier. Il compte ainsi ouvrir un dialogue avec les 12 régions du Royaume pour se pencher sur cette question, a annoncé le Chef du gouvernement. Et de préciser que ce dialogue sera couronné par l’adoption d’une «Charte des jeunes : État et régions» pour la période 2018-2021. Aussi, le gouvernement compte mettre en place, dans les prochains mois, un contrat-programme qui précise la relation entre l’État et la région, le plan d’action et le financement, toujours selon M. El Othmani. S’agissant de l’agenda d’exécution, le Chef du gouvernement ambitionne de finaliser la stratégie nationale dès le début de l’année prochaine.

En tout cas, les jeunes députés des différents groupes parlementaires ont appelé le gouvernement à donner la parole aux jeunes. La principale recommandation des députés est d’ériger l’emploi en tête des priorités, compte tenu de son impact sur la stabilité sociale et l’épanouissement des jeunes. Pour eux, la révision du modèle de développement devra prendre en considération la situation de la jeunesse, comme l’a souligné Omar Abassi. De son côté, Khalid Boukrii, secrétaire général de la jeunesse du Parti de la justice et du développement, a estimé que la question des jeunes doit être tenue à l’écart des discordes idéologiques.

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