La musique gnaouie, une tradition à protéger (vidéo – musique)

La musique gnaouie est une tradition orale qu’il faut préserver pour assurer sa transmission fidèle d’une génération à l’autre, a insisté mardi la productrice et directrice du Festival Gnaoua musiques du monde, Neila Tazi.

« La musique gnaouie est une tradition orale qu’il devient de plus en plus urgent de protéger, parce que nombre de grands Maalems nous ont quitté emportant avec eux une part de cette tradition », a dit Mme Tazi, également présidente déléguée de l’association Yerma Gnaoua pour la préservation et la promotion de l’art des Gnaoua, dans une déclaration à l’agence MAP, en réaction à un « cri de cœur » posté vendredi sur son compte Facebook.

Mme Tazi a rappelé le long et difficile chemin parcouru depuis la création du Festival Gnaoua et musiques du monde en 1998 et la persévérance dont il a fallu faire preuve pour l’institutionnaliser, estimant que quelque soit son succès populaire et médiatique, un festival annuel de quatre jours ne suffit pas à assurer la protection de la tradition orale des Gnaoua dans sa dimension originelle.

Elle a expliqué les motivations de la création de l’association Yerma Gnaoua pour la préservation et la promotion de l’art gnaoui, tout en mettant l’accent sur la nécessité de s’inscrire dans une vision durable pour sauvegarder ce patrimoine national, marocain et africain.

Elle a, dans ce sens, rappelé l’urgence d’inscrire la musique gnaouie sur la liste du patrimoine oral et immatériel de l’humanité de l’UNESCO, estimant que la préservation de cet art est une « nécessité » et « devient une responsabilité collective », tout en déplorant le manque d’engagement et de mobilisation des hauts responsables et hauts fonctionnaires chargés d’appuyer le dossier.

« Cette démarche relevait d’un sentiment d’urgence, parce que de nombreux Maalems nous ont quitté tout au long de ces années, emportant avec eux tout un pan de cette tradition orale. Une mesure de sauvegarde devenait donc de plus en plus nécessaire pour que ce qui a démarré par la volonté de quelques passionnés devienne le succès, le patrimoine et la responsabilité de tous », écrit Mme Tazi dans son post.

Pour Mme Tazi, une attention particulière doit être accordée aux artistes gnaouis qui transmettent un héritage culturel ancré dans l’Afrique subsaharienne.

« Les Gnaoua ne méritent-ils pas que tout le monde se mobilise, ne serait-ce qu’au regard du rayonnement qu’ils apportent à notre pays depuis 20 ans? Au regard du lien social et spirituel qu’ils ont su créer? », lance-t-elle sur sa page facebook.

Interrogée sur les préparatifs du prochain Festival Gnaoua musiques du monde, prévu du 21 au 24 juin 2018, elle a répondu qu’un « travail continu, constant et ininterrompu est mené, comme chaque année, pour préparer une belle édition ».

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