Contre la colonisation, enfin des actes ?

Ce sont 150 entreprises de par le monde qui ont reçu, il y a deux semaines, un courrier officiel de l’ONU.

Dans ce courrier Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut-Commissaire aux Droits de l’Homme de l’ONU, les informe qu’elles vont figurer dans la base de données qu’il a la mission de constituer, concernant les entreprises qui exercent des activités dans les colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem Est. Il leur rappelle que leurs activités en Palestine occupée se font « en violation du droit international et en opposition aux résolutions de l’ONU ». Il leur demande également d’apporter des précisions sur leurs activités dans les colonies israéliennes. En réponse à ce courrier, certaines auraient commencé à annoncer leur retrait de ce type d’activité.

C’est en mars 2016 que le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a voté une résolution par laquelle il demandait au Haut-commissaire aux droits de l’homme de constituer une base de données de toutes « les entreprises impliquées dans des activités qui ont, directement et indirectement, permis la construction et la croissance des colonies de peuplement, les ont facilitées et en ont profité ». Les pressions des États-Unis et d’Israël pour empêcher cette décision ont été massives. Tout comme elles le sont pour en empêcher aujourd’hui l’application.

Tout en minimisant la portée de cette démarche, l’État d’Israël orchestre une campagne de délégitimation de l’ONU. Il prétend par ailleurs que les gouvernements devraient informer ces entreprises qu’en se désinvestissant, elles participeraient au boycott d’Israël, que l’Etat d’Israël assimile, dans sa propagande, à de l’antisémitisme. Belle inversion de la logique : le respect du droit international deviendrait condamnable et non l’inverse. C’est sur ce principe qu’Israël construit une campagne extrêmement agressive depuis des années en martelant que toute critique de sa politique coloniale serait une marque d’antisémitisme.

Par la constitution de cette base de données, enfin l’ONU ne se contente plus de dire le droit, elle met États et entreprises devant leurs responsabilités : être ou ne pas être complice de l’occupation et de la colonisation illégale de la Palestine.

Zeid Ra’ad Al Hussein, diplomate expérimenté et reconnu à l’ONU, qui entend mener à bien sa mission, devra être soutenu par les États attachés au droit face aux pressions américaines. Nous attendons du gouvernement français qu’il soutienne la procédure en cours face aux attaques et aux pressions dont elle fait aujourd’hui l’objet. Et qu’il fasse savoir aux entreprises françaises qu’aucune d’entre elles ne doit plus longtemps se rendre complice d’une politique qui vise à rendre impossible la réalisation des droits nationaux du peuple palestinien.

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