La délirante histoire de Zaïd al-Marri, coincé à la frontière Arabie saoudite – Qatar

Il y a presque tout juste un mois, l’Arabie Saoudite a rompu ses relations diplomatiques avec le Qatar en ordonnant dans la foulée aux ressortissants qataris de bien vouloir quitter leur territoire dans un délai de 2 semaines. Cette situation a mis Zaïd dans une situation improbable : il est considéré comme Qatari par les Saoudiens et il est considéré comme Saoudien par les Qataris ! Il est donc bloqué à la frontière Arabie Saoudite – Qatar depuis 20 jours sous un soleil ardent.


Zaïd a été déchu de sa nationalité qatarie en 2006 et il vécu depuis exilé en Arabie Saoudite. Ayant peur de se faire arrêter suite à l’ultimatum lancé par les saoudiens, il est allé au poste-frontière d’Abou Samara, 
le 17 juin, avec son passeport qatari périmé. Les douaniers du Qatar l’ont alors refoulé vers l’Arabie saoudite. Cependant, comme il n’avait aucune pièce d’identité saoudienne, les douaniers  du royaume wahhabite l’ont à son tour refoulé vers le Qatar. 

Depuis, il est bloqué dans une zone entre deux clôtures avec fils de fer barbelés, sous la canicule.  

Membre d’une tribu tombée en disgrâce 

Zaïd al-Marri appartient à une tribu qatarie en disgrâce, al-Ghufran, dont certains membres ont été impliqués dans une tentative de coup d’État ratée, en 1996, contre l’émir de l’époque, Hamad ben Khalifa al-Thani. En représailles, les autorités du Qatar ont déchu plus de 6 000 membres de cette tribu de leur nationalité entre 1996 et 2005. Depuis le no man’s land où il est bloqué, Zaïd al-Marri poste régulièrement des photos et des vidéos pour donner de ses nouvelles, comme cette photo de son ancien passeport. On peut y lire que Zaïd est né le 4 juillet 1988 au Qatar. 
Victime d’une insolation, Zaïd a été transporté par les autorités qataries vers un hôpital à Doha, le 22 juin, où il a reçu des soins. Mais il a été ramené à la frontière dès le lendemain. 
Depuis cette date, plus de nouvelles de Zaïd. Contacté par France 24, l’un des ses proches a indiqué que son téléphone lui avait été confisqué par les garde-frontière qataris.  

Un membre du Comité qatari des droits humains, une ONG qatarie, a affirmé à Human Rights Watch que tous les autres membres de la tribu al-Ghufran qui souhaitaient quitter l’Arabie saoudite avaient été autorisés à rentrer au Qatar, à l’exception de Zaïd al-Marri, car les autorités qataries considèrent qu’il porte la nationalité saoudienne. Ce que conteste l’intéressé qui affirme qu’il n’est même pas en possession d’une carte de résidence qui lui permettrait de retourner en Arabie saoudite. France 24 a sollicité à plusieurs reprises le comité qatari des droits humains pour en savoir davantage sur la situation de Zaïd, sans succès. 

Accusé de soutenir les organisations terroristes, le Qatar subit depuis le 5 juin un embargo de la part de l’Arabie saoudite et ses alliés, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Yémen et l’Égypte. Ces pays ont également fermé leurs frontières terrestres et maritimes avec ce riche émirat gazier et lui ont imposé de sévères restrictions aériennes.  

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