Entreprises Publiques : OCP en mauvaise posture.

Entreprises Publiques : OCP en mauvaise posture.

 

Photo de Mostafa Terrab – PDG du groupe OCP
 

Comme pour gérer une situation de crise, OCP a préféré communiqué sur ses résultats en comité restreint.
C’est que les résultats 2016 de l’entreprise publique ne sont aucunement au beau fixe.
Mais le plus grave concerne davantage les perspectives.
Côté résultats d’abord.
Le groupe a perdu 53% de son résultat net sur une année : de 8 milliards de dirhams à 3,8 milliards.

L’entreprise est également très endettée. Au 30 juin 2015, la dette nette s’élevait à 35,35 milliards de dirhams. Les choses ont bougé depuis.
Le dernier emprunt contracté date de décembre 2017 et s’élève à 5 milliards ds dirhams.
Le management du groupe se veut rassurant quant à cette situation et évoque le ratio dette/ebitda jugé correct au vu des décaissements liés aux investissements et comparé aux concurrents.

En tout cas, le business c’est d’abord beaucoup de bon sens. Ce dernier voudrait que, pour faire face à ses engagements en dettes, l’OCP génère du cash. Mais avec un résultat en baisse la tâche semble difficile. Cela d’autant plus que les prix sont à un plus-bas historique sans annoncer de fin de cycle. Ce qui nous ramène aux perspectives : quelle marge de manœuvre a l’OCP pour inverser la tendance ?
A aujourd’hui, le groupe, bien qu’il soit leader mondial et gestionnaire du plus gros stock de phosphate de la planète, n’est pourtant pas un market maker.
Si non il ne subirait pas de la sorte le dumping international sur les prix.

A la recherche d’un tel pouvoir, l’entreprise publique s’est engagée sur un programme d’investissement gigantesque de 20 milliards de dollars en 2008 (d’où l’endettement).
Que permettrait un tel pouvoir et une telle capacité de production? De pouvoir mettre sur le marché une quantité suffisamment grosse pour agir sur les prix.
Il s’agit donc surtout du pouvoir de baisser les prix.
In fine, pour améliorer sa posture, OCP devra baisser des prix déjà bien bas, tout en étant bien endetté! Un scénario cauchemardesque aussi bien pour l’entreprise que pour les finances publiques. Faut-il rappeler la crise phosphatière des années 70 qui an entraîné la crise de l’endettement du Maroc et la mise en place du PAS ?

Est-ce que OCP peut faire autrement ?
La réponse de son management est claire : pas question de faire marche arrière sur les projets planifiés.
Faut-il y voir le prélude à une privatisation de sauvetage du mastodonte public ?

A suivre.

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