A Paris, le Maroc à livre ouvert.

La 37e édition du Salon du livre rebaptisé Livre Paris accueille du 24 au 27 mars le Maroc comme invité d’honneur. Dès la première journée d’ouverture, le pavillon marocain a été assailli par de très nombreux visiteurs amateurs de littérature marocaine en langue française.
 A Paris, le Maroc à livre ouvert
Alors que 37 écrivains marocains étaient prévus pour participer à cet événement culturel annuel à Paris, la liste initiale a été largement amendée pour atteindre une centaine d’auteurs francophones, dont quatre prix Goncourt (Leila Slimani, Fouad Laroui, Abdellatif Laâbi et Tahar Ben Jelloun)
Dès le début de la journée ce vendredi 24 mars, la fréquentation n’a cessé de croître dans le splendide pavillon marocain de 450 mètres carrés conçu sous forme de bibliothèque par les architectes.

Même si la France constitue une part importante du lectorat de la littérature marocaine d’expression française, le concept architectural de livre ouvert du stand a en effet indéniablement attiré la majorité des visiteurs qui ne savaient pas que le Maroc était l’invité d’honneur de cette édition 2017.
Nous avons croisé Emmanuel Macron, candidat du mouvement “En marche“ et favori à l’élection présidentielle qui est revenu trois fois pour admirer le concept architectural et “accessoirement“ pour séduire les nombreux Franco-marocains présents dans les travées du pavillon.

Fouad Laroui qui présentait son dernier ouvrage sur la radicalisation d’un cadre marocain en France n’a pas manqué de s’amuser de la situation en déclarant que les électeurs potentiels originaires du Royaume étaient tout aussi recherchés que la littérature francophone exportée par le Maroc.

Volubile et plein d’humour, l’artiste et écrivain Mahi Binebine s’est félicité de cet événement culturel qui donne une caisse de résonnance internationale à des auteurs connus et moins connus du Maroc.
Auteur du “Fou du roi“ sorti le 15 mars dernier, Binebine nous a révélé que pas moins de 1.000 exemplaires avaient été écoulés le premier jour de sortie et que le Salon du livre contribuerait sans doute à l’engouement des lecteurs.
 
Même constat pour Abdellah Taïa qui considère que la place d’invité d’honneur du Maroc à Paris donnera un formidable coup de pouce aux auteurs marocains méconnus du public français.
Venu présenter son ouvrage “Celui qui est digne d’être aimé“ relatant le quotidien d’un jeune homosexuel marocain déchiré entre ses racines et son pays d’accueil, l’auteur a invité les autorités marocaines à démocratiser la lecture chez les Marocains en baissant le prix public des livres.
“Même si cela prendra au moins 20 ans pour redonner le goût de lire aux jeunes, c’est par là qu’il faut commencer, car dans ce salon, vous avez des collections (poche) accessibles à tout le monde“.
Du côté des officiels marocains, le ministre de l’Éducation nationale se réjouit du succès de fréquentation du pavillon marocain.

Invité à commenter la polémique lancée par certains écrivains furieux de ne pas avoir été invités, Benmokhtar avance que les organisateurs marocains n’ont pas pu contenter tout le monde mais qu’à l’avenir, ils essayeront d’être plus exhaustifs.

À la question de savoir comment son département comptait pousser les Marocains à lire davantage, le ministre a déclaré que sa priorité était d’instiller le goût de la lecture chez les jeunes enfants.
“Nous avons créé des centres d’épanouissement dans les petites classes avec des séances de lecture de 30 minutes par jour. Elles sont délivrées dans une optique de plaisir et pas d’obligation qui peut braquer à vie un enfant contre la lecture. Nous commençons à zéro par la base et il faudra au moins une génération pour que le plaisir de lire devienne une réalité dans les foyers marocains“, conclut le ministre.

Au final, le pavillon marocain a été une formidable caisse de résonance pour séduire les lecteurs français et étrangers de littérature marocaine mais il reste encore beaucoup à faire pour que le même phénomène se produise au Maroc.

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