Souvenirs d’enfance, en route pour le Maroc!

Les péripéties d’un trajet de la France au Maroc

Nous étions cinq petits enfants traversant la France et l’Espagne pour se rendre au Maroc, terre de nos ancêtres. Tout commençait pendant les vacances d’été, en France. Nos parents s’attelaient à préparer nos bagages, notre itinéraire. Je sais pas comment ils faisaient pour nous emmener du point A au point B sans savoir écrire ni lire. En y repensant, je trouve cela formidable……L’INSOUCIANCE.

N’oublions pas de parler des différents cadeaux pour la famille vivant au pays, surtout sachant qui allait nous héberger le temps de nos vacances. La veille du départ, mon père devait jouer à Tétris afin que tout ce qu’il avait préparé avec ma mère puisse rentrer dans la voiture.Ceci étant fait, nous pouvions dormir brièvement en pensant à notre trajet mais également à l’arrivée qui est toujours un moment de fête et de joie.

Départ à l’aube, tout le monde à pris sa place, un peu serré dans ce véhicule, mais nous sommes tous contents d’être là, ensemble. J’en garde de bons souvenirs, les arrêts sur les airs d’autoroute, les rencontres avec les autres marocains vivant dans d’autres pays (les MRE, c’est comme cela qu’on s’appelle). 

Et voilà, nous sommes en Espagne. On ne connait pas la langue, ils ont l’air énervé de nous voir, nous étrangers de passage dans leur pays. Mais ceci étant dit, tous ces voyages se sont passés sans accroc. A l’époque la monnaie était appelée PESETAS, beaucoup de pièces pour très peu de valeur. Il fait chaud, et là on traverse toute l’ESPAGNE. On prend l’autoroute afin d’éviter, si la panne arrivait, de se trouver dans une ville perdue avec aucun habitant. Au moins, sur l’autoroute on pouvait toujours trouver quelqu’un, à n’importe quelle heure. Notre rituel, quand on s’arrêtait pour faire le plein d’essence, c’était un « café con leche ». C’est la seule chose qu’on savait dire. Pour le repas, ma mère nous avait préparé un bon « djed » et elle avait fait le plein de pain et de « cachir ».

Arrivés au bateau, il n’était pas encore là. Il fallait attendre quelques heures. Pas de problème, nous étions une centaine à attendre. Nous étions dans le même bateau, enfin plutôt en train de l’attendre.

Une fois dans le bateau, on sort la caméra et on se filme. Habillés de vêtements de jours, nous ne ressemblions pas à grand chose mais on s’en moquait. Il n’y en a même qui dormaient à même le sol. Avec la fatigue on ne pouvait pas attendre qu’une chaise se libère.

Enfin, nous sommes arrivés à TANGER. Tout le monde est pressé de sortir du bateau pour mettre le pied au Maroc, et se dire « Hamdoulilah », nous y sommes. Mais pour nous, encore quelques heures de route. Nous sortons de cette ville et on arrive à ASSILAH, notre petit rituel continue. On s’y arrête pour reprendre des forces.

Nous sommes vraiment dans un autre monde, enfin c’est comme ça qu’on le ressent.

L’odeur, n’est pas la même qu’en France. Les vêtements sont différents de ce que l’on voit habituellement. Les trottoirs sont peints en rouge et en blanc. Les calèches sur la route voudraient aller aussi vite que les voitures. Les gens sont heureux, on a l’impression qu’ils font la fête tout le temps, toujours ensemble, toujours unis. Je ne vois personne qui reste seul, isolé.

Enfin, ne parlons pas des mendiants, qui hélas, étaient et sont toujours là. C’est une partie du Maroc qu’il faut essayer d’améliorer et de changer. 

Sans cela, c’est un pays rempli d’Histoire, de belles histoires. 

Après six heures de route nous arrivons enfin chez nos tantes et oncles, qui à toute heure sont présents pour nous accueillir. On décharge nos bagages avec l’aide des cousins. A n’importe quelle heure, nous avons le droit à notre fameux petit thé à la menthe.

Pendant toutes nos vacances, on fait le tour de nos familles qui sont installées un peu partout dans tout le Maroc : RABAT, KHEMISSET, OULMES, MEKNES, IFRANE et ERRACHIDIA.

A IFRANE, on m’a indiqué qu’il neigait en hiver. J’aimerais bien voir ça, en attendant j’ai bien vu les toits en pente, sans stah, comme ceux de chez nous en FRANCE, ça fait trop bizarre.

La fin des vacances est là. On refait la même chose mais dans le sens contraire et surtout avec moins d’enthousiasme et encore moins d’envie. On est bien là où nous sommes ! Mais il faut rentrer… Je ne vous raconterais pas le retour, rien de spécial. Pas beaucoup de dialogue, car nous étions fatigués mais surtout pas l’envie. Et j’en garde pas énormément de souvenirs.

Et voilà le retour à la maison, reprise de l’école pour nous, le travail pour les grands. On attend les prochaines vacances d’été avec impatience.

Le temps passe, nos parents vieillissent, nous grandissons. Ils ne peuvent plus nous emmener au Maroc, à l’ancienne dirons nous. Nous travaillons, nous n’avons plus le temps de les emmener auprès des personnes qui leur sont chères. Tout ce qu’on peut faire pour eux, aujourd’hui, c’est leur payer le billet d’avion « ROYAL AIR MAROC ».

On leur doit bien ça. 

Ces moments de famille nous manquent à tous, c’est malheureux mais c’est la vie. Vous manquent t-ils à vous aussi ? 

 NAMS

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