Économie : la bourse de Casablanca réalise une excellente année 2016

Très mal partie en début d’année,  la bourse de Casablanca réalise des prouesses en 2016.

La bourse de Casablanca réussit son année 2016.

À deux mois environ de la fin de l’année 2016, la Bourse de Casablanca semble se diriger, à pas sûrs, vers un exercice positif, sur plus d’un plan, avec à l’appui une importante réforme enclenchée, l’arrivée de poids lourds sur la cote, la finalisation d’opérations stratégiques et une performance year-to-date (YTD) frôlant les 19%.
Après un démarrage timide au mois de janvier, suivi d’un renversement de tendance suite à une série de publication de Profit Warning de certaines sociétés cotées, la place boursière casablancaise renouait avec la hausse à partir du début mars, où l’indice général a fortement augmenté et a basculé dans le vert pour atteindre un pic de +14,80% (YTD) le 10 mai 2016.

Cette performance s’explique essentiellement, selon les analystes de Sogécapital Bourse, par la baisse du taux directeur de Bank Al-Maghrib, qui a induit une baisse des rendements des placements dans les produits de taux et a favorisé, par conséquence, un arbitrage en faveur du marché actions.

À partir du 10 mai 2016, le Masi commence à s’inscrire sur une tendance baissière due à l’effet combiné de la prise de bénéfices par les investisseurs et de l’ajustement des cours des titres suite aux versements de dividendes, affichant ainsi une contreperformance de -6,10% au 24 juin 2016, relève la même source.

Au-delà de cette date, l’indice a changé d’orientation s’inscrivant sur un trend positif grâce, en partie, à l’introduction en bourse (IPO) de l’opérateur portuaire Marsa Maroc, plébiscitée par les investisseurs et dont le titre ne cesse de gagner du terrain, avec une ascension de près de moitié (+47,85%) depuis le 19 juillet dernier.

Opération de privatisation d’envergure, l’IPO, qui a tenu le marché en haleine depuis quelques années et dont le montant global s’élève à 1,9 milliard de dirhams (MMDH), est la plus importante qu’ait connue le marché boursier marocain depuis 2009.

Ensuite, le mouvement haussier de la cote a été consolidé avec l’annonce de bons résultats au titre de la première moitié de 2016 (hausse de +4,1% du chiffre d’affaires semestriel et une amélioration de +15% la masse bénéficiaire), ajoutent les analystes de Sogécapital Bourse, notant que le Masi a enregistré une performance de +4,54% entre le 24 juin et 30 septembre 2016.

Pour leurs homologues de Crédit du Maroc Capital (CDMC), cette embellie semestrielle, qui concerne la majorité des secteurs cotés, est redevable, notamment, à l’amélioration de la performance d’un nombre non négligeable de sociétés qui, après avoir subi le poids de plusieurs aléas, ont développé une certaine résilience face à un contexte macro-économique en fluctuation.

Ils ont également mis en exergue la distinction éminente du groupe cimentier LafargeHolcim Maroc (LHM), fruit de la fusion par absorption de Holcim Maroc par Lafarge Ciments, et de la dernière recrue de la Bourse, Marsa Maroc, qui ont nettement soutenu la tendance tout en contribuant à la dynamisation des échanges.

En effet, ces deux valeurs ont participé, à côté d’Itissalat Al-Maghrib, Wafa Assurance et Cosumar, à hauteur de +4,84% dans la progression du Masi, entre juillet et septembre 2016, clôturant le trimestre sur une hausse de 26,17% pour Marsa Maroc et +25,86% pour LHM, qui a rejoint d’emblée le top three des big capitalisations de la Place.

Fusion de raison, le rapprochement entre les deux filiales marocaines des géants français et suisse du ciment, Lafarge et Holcim, n’est pas l’unique opération du genre, dans un secteur qui vit une vaste phase de consolidation mondiale battant son plein en Europe.

Suivant l’adage qui dit que l’union fait la force, le géant allemand HeidelbergCement jette son dévolu sur son concurrent italien Italcementi (société mère de Ciments du Maroc), avec pour ambition de se positionner en tant que numéro un mondial dans les agrégats et numéro deux dans le ciment.

Au Maroc, l’acquisition par HeidelbergCement France SAS de 45pc du capital et des droits de vote d’Italcementi s’est traduite par une prise de participation indirecte dans Ciments du Maroc, à hauteur de 62,31 pc du capital et des droits de vote, et par le franchissement indirecte, à la hausse, du seuil de 40 pc des droits de vote.

L’opération, qui devrait se traduire par des synergies importantes, notamment, en termes de recherches et développement (R&D), a déclenché une offre publique d’achat (OPA) sur les actions Ciments du Maroc, qui a été déclarée recevable par l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC).

Après un premier semestre, placé sous le signe de l’accélération de la réforme du marché boursier marocain, et un troisième trimestre marqué par l’adoption du Projet de loi relatif à la Bourse des valeurs, aux sociétés de Bourse et aux conseillers en investissement financier par la Chambre des conseillers, rien ne semble ralentir la Bourse de Casablanca, qui continue d’enchaîner les plus hauts annuels.

Cette dernière, pour qui la première moitié de l’année s’est soldée par un gain de +6,5%, a placé la variation annuelle de son indice phare à +12,47% au titre des trois premiers trimestres de 2016, contre une appréciation de 18,36% au terme du mois d’octobre, soit une performance mensuelle de +5,23%, deuxième plus forte hausse après celle d’avril (+6,94%).

Avec cette réforme, qui apporte plusieurs nouveautés à l’appui d’une approche différente, dont le trait principal est la restructuration du cadre législatif au profit d’une réglementation plus étoffée, le texte de loi connaît la plus importante refonte depuis sa promulgation en 1993.

Outre la mise en place de l’AMMC avec des prérogatives élargies comparée à l’ancien régulateur (CDVM) et la clôture du processus de démutualisation de la société gestionnaire, ce Projet de loi, vers lequel les espoirs sont tournés pour remettre la place casablancaise sur un sentier de croissance, promet de nombreuses avancées.

D’une dimension globale, ledit projet couvre à la fois la réorganisation institutionnelle, le développement des produits et le renforcement des moyens d’action des autorités de régulation, et vise la relance de la Bourse et le renforcement du rôle du marché des capitaux dans le financement de l’économie nationale, à travers l’émergence de nouveaux relais de croissance.

En effet, ce projet stipule la création de deux marchés, principal et alternatif, lequel sera dédié aux PME avec des conditions d’accès au marché adaptées aux spécificités de cette catégorie d’entreprises.

Il prévoit l’encadrement de l’activité des conseillers en investissement et les services d’investissement, à travers l’énumération et la définition des services d’investissements, et l’élargissement des domaines d’action des sociétés de bourse pour toucher aux activités connexes au domaine de l’intermédiation.

Le projet prévoit aussi la création des compartiments réservés à la négociation des fonds collectifs, notamment, les Exchange Traded Funds (ETF) et les fonds immobiliers et stipule la cotation des entreprises étrangères, en permettant aux organismes ou personnes morales n’ayant pas leur siège au Maroc d’être cotés à l’un des compartiments des marchés. Autant de mesures qui permettront d’accompagner le développement de la Place Financière de Casablanca et son rayonnement régional, grâce à une large couverture au niveau produits et fonctionnalités.

MAP

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